Aimer son corps malgré une maladie chronique qui le modifie

Aimer son corps malgré une maladie chronique qui le modifie

 

Comment pouvez-vous aimer votre corps lorsque vous êtes atteint(e) d’une maladie chronique qui vous fait souffrir et/ou qui modifie votre image ?

Je me souviens des nombreux échanges avec Véronique 51 ans dont vous pouvez retrouver le témoignage (https://savoiretre-soi.com/temoignages-2/). Elle a été une source d’inspiration pour cet article.

Je sais que vous souffrez, mais n’oubliez pas que votre corps est aussi un miracle. Ce n’est pas facile à garder en mémoire quand la douleur est aussi présente et lancinante.

Comment peut-on le voir comme un miracle quand ce dernier est le centre de vos souffrances, de vos « différences » et qu’il focalise une grande part de votre rejet personnel.
J’entends souvent « 

« Mais l’avez-vous regardé ? Avez-vous vu mon corps face à un miroir ? Ressentez-vous ma douleur, ma souffrance ? »

« Pouvez-vous ressentir toutes les limitations et contraintes que j’ai à cause de mon corps?  « 

SI je vous dis et vous le savez, vous qui me suivez, que la différence je connais pour l’avoir vécue, mais aussi la maladie chronique qui vous limite dans vos mouvements, et vos actions.
Je suis aussi passé par là !

Comme je vous le disais précédemment, votre corps est un miracle !
Votre corps fait chaque jour des choses qui vous gardent en vie et vous n’avez même pas à y penser.

Entendre, respirer, sentir, voir, ressentir,…
Votre coeur bat sans que vous ayez à vous en préoccuper, vous réalisez à cet instant, alors même que vous lisez cet article, une foule d’actions dont il se charge sans que vous n’ayez à le gérer ni même à prêter attention. En effet, votre corps effectue des milliers et des milliers de miracles chaque jour.

Et si vous commenciez à montrer un peu plus de gratitude pour tous ces petits miracles.

Alors avant de regarder votre image « visible », nous allons commencer par ce qui se passe à l’intérieur – les choses que votre corps fait mais auxquelles vous ne prêtez plus attention, tellement cela vous parait logique et naturel.

Votre défi consiste à créer une liste de « gratitudes corporelles ».

Je veux que vous écriviez toutes ces choses que votre corps fait et pour lesquelles vous êtes reconnaissant(e); ces choses qui vous gardent en vie.

Cela peut être le fait de respirer, ce peut être le fait de manger et apprécier les saveurs,…

Peut-être est-ce d’avoir joué avec votre enfant, d’avoir pu lui lire son histoire hier soir pour l’endormir, de le prendre dans vos bras pour un câlin,… Peut-être est-ce de pouvoir sentir le parfum de votre conjoint(e)…

Ne cherchez pas à rédiger absolument une grande liste pour commencer. Par contre, je vous invite à chaque fois que vous pensez que vous devriez être reconnaissant des bienfaits de votre corps, à compléter votre liste.

C’est la première étape pour prendre conscience que votre corps n’est pas seulement votre « ennemi » et qu’il se trouve limité par une maladie chronique.

La gratitude mettra-t-elle fin à votre douleur ?  Malheureusement je ne peux pas vous le promettre mais je peux vous assurer que votre relation avec votre corps peut changer.

La gratitude changera la façon dont vous verrez votre corps, elle orientera votre regard et vos ressentis vers plus de neutralité voire plus d’appréciations de ce dernier.
Et rien que pour cela, cela ne vaut-il pas la peine d’essayer ?

Mais je dois le reconnaître, la vraie question est comment commencerez vous à accepter que vous ne pourrez plus retrouver certains usages de votre corps, votre physique d’avant,…

C’est un cliché, mais l’acceptation prend du temps. C’est un processus graduel qui a ses hauts et ses bas. Les émotions peuvent vous bousculer et tout remettre en question lorsque vous devez penser à une nouvelle manière d’imaginer votre vie ou une nouvelle étape de votre maladie.

Cela nécessite une prise de conscience et une phase d’acceptation.

«L’acceptation signifie que vous pouvez souhaiter que les choses soient différentes à l’avenir, mais pour le moment vous devez accepter les choses telles qu’elles sont. Ayant accepté cette circonstance, cet événement, ce problème,… Votre acceptation va dépendre de votre capacité à avoir une réponse créative à votre situation actuelle.

Accepter une maladie chronique va de pair avec l’adaptation; apprendre à gérer les pensées et les sentiments négatifs.

Il s’agit aussi de « lâcher » en partie la personne que vous pensiez et souhaitiez être mais aussi la vie que vous aviez imaginée.
Il va être primordial et important pour vous de tirer le meilleur parti de la nouvelle réalité qui est arrivée dans votre vie.

Comment fait-on?  Je n’ai pas toutes les réponses, car chaque personne est unique il me serait impossible ici de répondre à chaque personne mais voici quelques stratégies psychologiques pour vous aider.

Comment accepter une maladie chronique?

  1. Apprendre à gérer les émotions difficiles.

Lorsque vous recevez un diagnostic de maladie chronique, vous avez beaucoup à faire. Pas seulement la gestion des symptômes physiques et des problèmes pratiques, mais vous devez aussi faire face à une montagne d’émotions et de changements pour l’avenir.

Comment apprenez-vous à faire face à des choses comme la tristesse, la colère, le ressentiment, l’anxiété et la solitude ?

Tout d’abord, arrêtez de résister ou d’éviter les pensées et les émotions blessantes. Repousser des sentiments négatifs ne fait que déclencher un cercle vicieux: vous vous tournez vers de mauvais comportements comme vous surmener pour vous étourdir, ce qui souvent vous procure des sensations de colère conduisant à des émotions plus douloureuses que celles que vous souhaitiez éviter.

Au lieu de cela, prenez un peu de recul. Séparez-vous de vos pensées et de vos sentiments. Remarquez qu’il y a une distinction entre votre «moi qui pense» (votre voix intérieure, la partie de vous qui a des pensées) et votre «moi observant» (la partie de vous qui «écoute»). Dans la thérapie de l’acceptation et de l’engagement, on appelle cela la « désintégration cognitive ». Cela semble compliqué et vague, mais cela signifie simplement que vous ne devriez pas être trop dépendant(e) des mots et des images qui vous viennent. Ils ne sont pas toujours vrai(e)s et d’ailleurs, vous êtes bien plus que ce que vous pensez et ressentez.

Comme je le dis souvent en conférence pour illustrer la différence entre la vision de votre propre corps et la réalité,

« il ne suffit pas de croire quelque chose comme juste pour le rendre vrai. »

Maintenant, faites une pause au lieu d’agir immédiatement sur vos émotions. Respirez! Il suffit d’inspirer et d’expirer consciencieusement.

Permettez-vous de ressentir tout ce que vous ressentez. Essayez de remarquer vos soucis, votre frustration ou votre douleur sans (trop) vous inquiétez.

Observez vos pensées et vos sentiments comme s’ils étaient des nuages ​​dans le ciel, à la dérive. Vous n’essayez pas de changer ce qui est ou ce que vous pensez, vous vous asseyez simplement avec eux. Concentrez-vous sur votre respiration, jusqu’à ce que l’intensité de vos émotions diminue.

« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse se trouve notre croissance et notre liberté. « – Viktor Frankl

Lorsque vous apprenez à accepter votre maladie chronique, vos modifications physiques et l’agitation émotionnelle qui les accompagne, cela vous aide aussi à avoir un système de soutien. Trouvez quelqu’un avec qui vous pouvez parler et qui va vous comprendre. Si vous n’avez pas de membres de votre famille ou d’amis proches, vous pouvez vous confier, rejoindre un groupe de soutien aux patients, parler à un professionnel de santé. Partager ce que vous ressentez de manière constructive peut vous aider à libérer le stress, à trouver des solutions pratiques et à redéfinir qui vous êtes.

  1. Auto-acceptation et réécriture de votre histoire.

Lorsque vous devenez chroniquement malade et que vous votre corps change, vous pouvez, par exemple, perdre votre capacité de travailler, de vous socialiser et de faire les choses que vous aimez, votre sentiment à votre encontre change. Tout ce que vous pensiez de vous-même est mis au défi par les nouvelles limites de votre corps.

Dans les premiers temps, il est peu probable que vous puissiez vous décrire comme une belle personne. Par exemple, quand le traitement vous a fait prendre de nombreux kilos, modifier sensiblement votre apparence et que vous ne vous reconnaissez plus.

Votre histoire de vie est une partie importante de votre identité, et chaque grande transformation nécessite un nouveau récit personnel.

Alors, prenez le temps de coucher sur le papier ou sur un clavier la manière dont vous pourriez écrire votre histoire.

Ne vous identifiez pas complètement avec votre corps, à votre regard et vos limites, aux rôles que vous jouez et les relations que vous avez.

Vous êtes tout cela et rien de tout cela !

« Ce qui est encore plus important: vous n’êtes pas votre maladie. »

Avoir une maladie chronique peut avoir un impact énorme sur votre vie, certes, mais vous êtes toujours une personne avec des espoirs, des rêves et des grains de folie.

En parlant de rêves: il y a un processus de deuil obligatoire pour mieux rebondir, alors mettre un voile dans un premier temps, n’est pas forcement le plus utile, prenez le temps de pleurer les plans que vous aviez pour l’avenir et qui ne se réaliseront jamais. Cela fait mal de réaliser que vous pourriez ne jamais trouver votre corps de jeune fille, avoir des enfants ou voyager dans le monde, et c’est bien de pleurer cette perte. Alors soyez compatissant(e)s avec vous-même.I

Apprenez à étouffer votre critique intérieure. Arrêtez de vous comparer aux autres et à votre ancien « vous ».

Vous ne pouvez être que la meilleure version de votre « moi » actuel.

Alors ne vous concentrez pas trop sur vos faiblesses, mais célébrez vos forces.

«Grandissez au travers de ce que vous traversez.»

C’est l’ingrédient de chaque histoire intemporelle: le héros trouve un sens à la tragédie et découvre son potentiel caché lorsqu’il est mis à l’épreuve. La vie réelle est un peu plus compliquée que cela, surtout quand vous vous trouvez au milieu du chaos. Mais il est utile d’apprendre de toutes les parties du voyage de votre vie, même – ou particulièrement – lors des parties les moins agréables. Les biographies de certaines des plus grandes personnes de l’histoire ne se lisent pas comme une somme de faits; ce sont des récits dans lesquels les événements sont séparés et réintégrés dans des leçons pour donner un sens à la vie. Et la bonne nouvelle est que vous aussi vous pouvez réécrire votre histoire.

Demandez-vous ce qui est vraiment important dans la vie et dans votre vie…

Passer du temps avec vos proches, faire de grandes aventures, rendre le monde meilleur ?

Clarifier vos valeurs fondamentales facilite la construction d’une nouvelle vie et d’une nouvelle identité autour des choses qui vous importent vraiment. Lorsque vous avez une vision claire de la façon dont vous voulez vivre avec une maladie chronique et votre corps qui l’accompagne, vous pouvez définir des objectifs réalisables et commencer à prendre des mesures pour les atteindre.

  1. Adaptation à l’incertitude.

« La seule constante dans le monde est le changement. »

Cela ne pourrait pas être plus vrai quand il s’agit de vivre avec une maladie chronique, avec les poussées inattendues, de nouveaux obstacles à surmonter tous les jours et ne sachant pas quels plans mettre en place pour son avenir.

Selon l’écrivain Michael J. Gelb, l’une des raisons pour lesquelles Leonardo Da Vinci était un génie créatif si inégalé, était sa volonté d’embrasser l’incertitude. Dans son livre: Comment penser comme Leonardo Da Vinci, Gelb met au défi les lecteurs d’exercer leurs « muscles d’incertitude ».

Où dans votre corps ressentez-vous l’incertitude?

Comment réagissez-vous à la sensation physiquement, mentalement et émotionnellement.

Combien de fois par jour utilisez-vous des mots qui expriment un absolu, comme «jamais», «totalement» et «toujours»?

Maintenant, rappelez-vous également que la certitude et le contrôle sont une illusion. Personne ne sait ce qui va se passer et comment les choses vont se passer. Mais lorsque vous avez une maladie chronique, la vie devient encore plus imprévisible et vous vous sentez probablement moins équipé(e)s pour faire face au changement.

Gardez toujours une véritable confiance sur votre capacité à faire face. Philippe Croizon en est véritable exemple mais il n’est pas le seul, certes vous n’allez peut être pas traverser la manche à la nage, mais je vous assure que vous aussi vous avez en vous tout ce dont vous avez besoin !

Seul(e) ou avec un peu d’aide, avec un sourire sur votre visage ou des larmes dans vos yeux: vous passerez à travers. Si vous avez du mal à croire en vos forces, repensez aux moments où vous avez réussi à faire quelque chose que vous pensiez impossible. Demandez de l’aide n’est en aucun cas un signe de faiblesse, bien au contraire, c’est être conscient de ses limites et solliciter les autres pour les dépasser.

Expérimentez différentes stratégies d’adaptation pratiques et émotionnelles pour faire face à l’anxiété et à l’incertitude.

Enfin, essayez de changer votre point de vue, c’est ce qui rend l’impossible possible.
Ayez une destination en tête, mais restez ouvert(e) à toutes les routes qui vous y mènent, même si c’est un voyage différent de ce que vous aviez imaginé.

« Une fois que nous acceptons nos limites, nous les dépassons. » – Albert Einstein

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